Grenier d'idées

Voilà, ce blog est un peu le grenier de mes idées, la malle de mes sentiments, le jardin littéraire qui compose mon univers...

21 juin 2006

Ophélie

pict00222222

Ophélie I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !
Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole -
Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu !

III - Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

Rimbaud.

Posté par gabrielworld à 15:43 - Poèmes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'un de mes poèmes préférés. :)

img_1256 Hymne à la beauté:

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,

Ô Beauté ! ton regard, infernal et divin,

Verse confusément le bienfait et le crime,

Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore

Tu répands des parfums comme un soir orageux ;

Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore

Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres ?

Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien ;

Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,

Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques ;

De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,

Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,

Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,

Crépite, flambe et dit : Bénissons ce flambeau !

L'amoureux pantelant incliné sur sa belle

A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,

Ô Beauté ! monstre énorme, effrayant, ingénu !

Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte

D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu ?

De Satan ou de Dieu, qu'importe ?

Ange ou Sirène, Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,

Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine !

- L'univers moins hideux et les instants moins lourds ?


Baudelaire - Les fleurs du mal

Posté par gabrielworld à 15:32 - Poèmes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Nietzsche

Je cite ici une jolie phrase de ce grand monsieur :)

"Oui, je sais d'où je proviens
Toujours à jeun comme la flamme
Je m'embrase et je me consume,
Ce que j'attrape devient lumière,
Et charbon ce que je délaisse,
Oui je suis flamme, assurément."

Posté par gabrielworld à 15:30 - Tout et rien - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juin 2006

L'amour

javascript:openRadio('http://kloe.altervista.org/Musica/radio.colonne/?autoplay=4')

Je me faisais la réflexion que, depuis que l'homme a la capacité de réfléchir, c'est l'un des sujets qui l'a le plus interpellé.

Ce qu'il y a de beau dans l'amour c'est que tout le monde, de l'ouvrier au président-directeur-général, du banquier au braqueur de banque, du délinquant au policier, tout le monde sait aimer.
Tout le monde, sans aimer particulièrement philosopher, se pose des questions sur l'amour,
Tout le monde aime à savoir si l'Autre (avec un grand A) est heureux auprès de nous, si l'amour est toujours présent ou s'il est mort, si tout est toujours comme au premier jour, au premier sourire, au premier baiser.

L'amour est la raison de vivre de l'Homme. Celui qui ne se sentira pas aimé sera en manque de tendresse, de mots doux, aura bien des problèmes relationnels tout au long se sa vie, car il n'aura pas éprouvé la tendresse d'une maman, la chaleur d'une femme, ou les sourires d'un ami.

L'amour est le ciment qui empêche la race humaine de s'entretuer jusqu'au bout.

Car l'amour brise toute barrière, qu'elle soit sociale, religieuse, physique, l'amour est la plus puissante des flèches.

L'amour ne se résume pas à un besoin charnel, c'est bien plus que ça, c'est spirituel, métaphysique...

Mais ce que l'amour a de plus beau, c'est qu'il peut apaiser toute souffrance, il peut guérir toute blessure, il peut, il peut donner l'absolution a toute faute, il peut apprendre à pardonner...img_1252

Mais aucun poète, philosophe ou écrivain n'arrivera jamais à décrire l'amour dans toute son immensité. Parce que parfois, les mots ne suffisent pas...

Posté par gabrielworld à 13:51 - Réflexions - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juin 2006

Reprise en main.

Jusque parce que l'envie reviens, juste pour mon plaisir, on verra ce que ca donnera. :)

img_12802
 

Posté par gabrielworld à 15:47 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1